Georges Le Forestier
L’art de Georges Le Forestier est avant tout expressionniste et mystique, ne se rattache à aucun mouvement pictural actuel désigné ou surtout ne sacrifie jamais à la mode. Sa finalité est d’émouvoir plutôt que de plaire, de déranger plutôt que de séduire, de traduire l’insoutenable, en s’interdisant de flatter, de charmer, de tomber dans le piège des peintres mondains qui privilégient le sémillant et les faux-semblants au signifiant et aux vraies valeurs.
Ses recherches actuelles apparaissent très axées sur le corps masculin presque à la manière d’un sculpteur.
Corps souvent décapités ou plus exactement sans têtes pour mieux mettre en exergue les autres parties qui le composent : importance dominante des mains et des pieds puisque ces extrémités sont, au sens biblique le plus ancien, les attaches terriennes de l’homme, toute la symbolique du travail, de la force, de l’amour. Son enracinement avec les contingences, les contraintes, les souffrances de la vie, la tête étant supposée ne participer que de l’Esprit et de l’Ame.
D’instinct pourtant Georges Le Forestier a choisi son camp : peintre complaisant, aimable, certainement pas. Peintre à aimer, le verdict nous paraît sans appel.